![]() |
Acceptance Speech of H.E. Jean-Luc Dehaene, Prime Minister of Belgium, on receiving the 'Vision for Europe Award', 14 November 1996 M. le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs : Je suis à la fois reconnaissant et heureux de l'honneur qui m'échoit aujourd'hui à Luxembourg. Les raisons qui m'ont incités à accepter sans hésitation aucune le prix 'Une vision pour l'Europe' sont multiples. Je tiens tout d'abord à exprimer ma haute estime, que j'ai pour l'initiateur même du prix: la Fondation Edmond Israel, qui propage le dynamisme de Cedel International et entend apporter une contribution substantielle à la construction de l'Union Européenne, dans sa dimension tant économique que politique. Grâce à l'union des forces à tous les niveaux, tant les acteurs gouvernementaux que non-gouvernementaux, l'Europe pourra se développer et devenir forte. Au cours de sa jeune existence, la Fondation Edmond Israel a déjà prouvé à suffisance le rôle moteur et inspirateur qu'elle joue, elle aussi, dans ce processus passionnant. La désignation du premier ministre belge comme bénéficiaire de cette distinction est en outre, j'en suis sûr, l'ex-pression du souhait réel du mondem économique, de la bourse des affaires au Grand-Duché de Luxembourg de consolider et de promouvoir les liens entre deux parte-naires de l'union économique belgo-Luxembourgeoise. Une ambition qui se justifie d'autant plus à la lumière des efforts que les deux pays consentent pour pouvoir adhérer ensemble à l'union économique et monétaire et pour apporter, dans le cadre du Benelux notamment, une contribution de poids à la réussite de la conférence intergouvernementale poursuivant ainsi le rôle de base et de pionnier que le Benelux a toujours joué dans la construction européenne. Je me réjouis aussi de pouvoir suivre les traces de l'ancien Premier Ministre Luxembourgeois et actuel Président de la Commission, M. Jacques Santer, qui fut le premier à recevoir ce prix l'année dernière. La politique sage et énergétique qu'il mène comme Président de la Commission représente un atout important pour tous ceux qui caressent l'ambition de poursuivre la construction européenne sur des bases solides. Et je voudrais, last but not least, remercier la Fondation Edmond Israel pour l'encouragement que la cérémonie d'aujourd'hui représente à mes yeux. Comme je vais essayer de vous le démontrer dans un instant, nous nous trouvons, nous européens, confrontés à des années cruciales, à des défis fondamentaux. Ce sera également grâce à votre appui, M. le Président, et à l'influence inspiratrice que vous donnez, que nous serons en mesure de remplir correctement et, je l'espère, fructueusement, la mission qui est la nôtre. Car à cet égard il faudra, sans aucun doute, faire preuve d'ingéniosité pragmatique et de talent de négociation. Vous connaissez tous ma conviction profonde de l'intérêt qu'il y a à une poursuivre l'approche réaliste et pragmatique. Mais je suis tout aussi convaincu qu'un tel engagement ne peut être maintenu que s'il se base sur une ambition forte et une vision claire à long terme. Un tel débat d'esprit me paraît indispensable pour concrétiser l'élan nouveau que nous devons donner à l construction européenne à l'aube du 21ème siècle. Ces derniers temps, on entend parfois parler de lassitude face à l'Europe. La dynamique de l'unification européenne perdrait à la fois force et crédibilité. Le citoyen se demande quels sont les bénéfices réels que l'Europe représente pour lui, si celle-ci représente davantage la construction de mers de lait et de montagnes de beurre, si l'emploi et la sécurité intérieure font également partie des objectifs réalisables. Le processus décisionnel européen, trop peu transparent, le désarme, ou encore, des pratiques de fraude le rendent sceptique. De plus, l'absence d'une action clairement identifiable et efficace de l'Union sur le terrain international - avec, comme exemple, l'ancienne Yougoslavie, le Moyen-Orient et l'Afrique - freine le développement d'une véritable prise de conscience et de volonté européenne dans le grand public. Si nous voulons éviter une crise de confiance sur les raisons mêmes de construire l'Union, nous devrons apporter des réponses claires à ces questions. C'est vrai: la réalité de l'Europe n'est pas toujours rose, mais quand on compare et pondère les éléments positifs et négatifs de l'Union Européenne, le bilan est, je dirais, plutôt encourageant. Avant tout, et c'est là une constatation fondamentale, l'intégration européenne nous a apporté paix et prospérité. Et il faut le répéter car, surtout, ceux qui n'ont pas connu ce passé ont tendance à le considérer comme une évidence. Il y a cinq décennies, plusieurs dirigeants européens ont osé développer une vision courageuse, qui devait éviter toute répétition de la spirale tragique qui avait à deux reprises déjà mené le continent au bord du gouffre. Un nationalisme agressif, un repli sur soi, une autarcie économique, une instabilité monétaire devaient céder le pas à une solidarité fonctionnelle et objective au-delà des frontières. La création de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier fut un premier pas : ces secteurs de production sont devenus rapidement le symbole de la reconstruction, après avoir été les outils de la destruction. Il est vrai, une vision politique ne suffit pas, il faut l'assortir d'une méthode de travail en mesure d'atteindre les résultats escomptés. Là aussi, les pères fondateurs de l'Union ont fait un choix vital en refusant délibérément des demi-mesures. Ils savaient qu'une simple zone de libre échange, basées sur une coopération intergouvernementale réversible ne suffirait pas, et qu'il fallait un moyen plus radical pour résister à l'érosion du temps. Les six pays membres fondateurs ont décidé qu'ils avaient besoin de politiques et d'institutions communes. Cette décision révolutionnaire de mettre en commun notre souveraineté est à la base même de l'Union Européenne, et se compose de deux éléments étroitement liés. L'Europe a tout d'abord décidé de développer des politiques communes, basées sur des lois communes au lieu de simples arrangements ou agréments entre gouvernements. Au départ, ces politiques communes se sont concentrées sur l'intégration économique, et ont abouti à la mise en place du grand marché intérieur. Mais très rapidement il s'est avéré que les économies ne tournent pas dans le vide et qu'il n'y a pas d'intégration économique sans mesures sociales communes, sans mesures environnementales communes, et enfin sans monnaie unique. De plus, outre cette union économique et monétaire, la logique d'une souveraineté conjointe, ou du moins d'une coopération intense, s'est vite imposée aussi dans d'autres domaines. C'était ce qu'escomptaient dès le début, les fondateurs de l'Europe, en choisissant une collaboration économique, étant convaincus qu'elle mènerait aussi à une coopération politique. Et en effet, une politique étrangère commune nous permet d'être plus forts ensemble. Les actions communes contre le terrorisme et la criminalité organisée, le trafic de la drogue, l'immigration illégale, doivent être l'étape suivante. Et c'est là, j'y reviendrai, un des défis de la conférence intergouvernementale. Il y a un deuxième aspect à cette mise en commun de souveraineté en menant une politique commune, car pour élaborer et concrétiser toute cette politique commune, il faut des institutions communes. Celles-ci sont nécessaires pour un fonctionnement efficace, pour empêcher les pays membres plus forts d'avoir un poids trop important dans le processus décisionnel commun, au détriment des pays les plus faibles. Ce sont en particulier le droit d'initiative de la Commission, le Conseil décidant à la majorité, la codécision avec le Parlement Européen, la jurisprudence de la Cour qui font l'originalité et qui assurent la dynamique de l'Union Européenne. La Belgique résistera de toutes ses forces à toute tentative de dilution ou d'affaiblissement de ses institutions communes ; il faut, au contraire, les renforcer. Pendant ces quarante années, nos économies entre autres grâce à ces structures européennes, se sont continuellement développées. Grâce aux économies d'échelle et à la stabilité qu'a apporté la taxe européenne notre prospérité a considérablement augmenté, alors que dans un même temps le système social assurait une distribution équitable de ses fruits. Cet acquis semble évident aux yeux de la jeune génération, qui oublie trop facilement que sur notre continent la paix et la prospérité ne résultent pas d'une sorte d'ordre naturel, mais bien de quarante ans d'intégration européenne. Bien sûr, cette intégration n'a pas créé ces néfices sans aussi quelques coûts. Si la mise en commun de souveraineté se révèle efficace, elle peut aussi être envahissante. Il fallait s'attendre à ce que le concept fasse l'objet de certaines réticences, d'autant plus que le nombre de personnes et de pays membres qui ne partagent pas cette mémoire horrible des démons du passé augmente. Ils ont alors souvent le sentiment que cette politique commune essaie de canaliser et de réguler beaucoup d'éléments qu'il serait préférable de laisser à l'appréciation des pays, des régions, des communes, ou encore des personnes individuelles. Qui plus est, cette politique commune semble à leur yeux concoctée par des institutions bureaucratiques lointaines. Ils n'ont pas tout à fait tort. Un équilibre raisonnable entre unité et diversité, entre démocratie et efficacité, doit toujours être recherché. Mon pays est bien placé pour connaître les vertus de la subsidiarité, qui signifie qu'il faut pouvoir choisir le niveau de pouvoir le mieux à même de prendre les décisions. Et je crois qu'on voit insuffisamment que, justement, à l'aube d'une société d'information, dans un passage d'une société industrielle vers cette société d'information, les structures, les différents niveaux de pouvoir doivent s'adapter –comme au 18ème, 19ème siècle ils se sont adaptés - car trop souvent on oublie que les nations européennes sont une construction du 18ème , du 17ème, 18ème siècle justement en réponse aux défis de la société industrielle, alors que maintenant nous nous trouvons devant un nouveau défi qui nécessite que l'on mélange à nouveau les cartes et peu à peu partout en Europe celà mène d'une part à une décentralisation vers des régions et des communautés qui ont une histoire à elles et où on se sent plus proche, et d'autre part vers une, un transfert de pouvoir vers l'Europe. C'est une évolution qui s'est faite d'une façon assez spectaculaire dans mon pays, mais qui pour ceux qui ont les yeux et les oreilles ouverts et regardent l'ensemble de l'Europe, c'est une évolution que l'on trouve dans pratiquement tous les pays européens. Et justement, dans cette restructuration, les années à venir seront cruciales. Ce sont les trois ou quatre années à venir qui détermineront ce que sera l'Europe au 21ème siècle. Si l'Union était livrée à elle-même, je crois qu'il y a des risques qui peuvent se produire avec les défis qui sont devant nous. Mais, fort heureusement, nos pays ont encore toujours l'ingéniosité nécessaire pour prendre en main leur propre destinée. Nos pays ont opté pour une voie à suivre, fût-elle parfois sinueuse ou bloquée, elle a cependant le mérite d'exister. Ensemble, nous avons décidé, au niveau européen, la réalisation successive de trois années, de trois étapes les prochaines années, trois étapes qui seront déterminantes pour cette construction européenne au 21ème siècle. Tout d'abord, nous voulons négocier un approfondissement des structures de notre union. Quand je parle de renforcer, j'entends ce mot dans le sens qu'il revêt pour un ingénieur : à la fois solidité et flexibilité ; ces deux concepts sont vitaux pour notre engagement et c'est là tout le défi de la conférence intergouvernementale, j'y reviendrai. Au delà - du moins en terme de calendrier - de la conférence intergou-vernementale se profile probablement le plus grand défi : c'est à dire réaliser à partir du 1er Janvier 1999, l'Union monétaire qui dégagera la dynamique nécessaire pour poursuivre l'intégration. L'union monétaire se fera dans le respect du calendrier prévu, et transformera l'Union, j'ose même dire, transformera le monde plus profondément qu'on ne le croit. A mes yeux, l'union européenne représentera un formidable pas en avant de l'Union. Et troisièmement, nous aurons créé aussi avec un approfondissement et une adaptation de nos institutions, en créant en plus l'union monétaire comme facteur et moteur de l'intégration – nous aurons créé les bases pour le troisième défi que représente l'élargissement. Je voudrais m'attarder un instant à ces trois étapes. A l'heure qu'il est, la conférence intergouvernementale piétine, mais les contours d'une conclusion finale commencent à s'esquisser, et ce n'est probablement pas un hasard que ce seront les présidences néerlandaise et luxembourgeoise qui seront probablement appelées à réaliser ce défi. Nous devrons dans cette conférence réaliser trois, quatre défis qui sont essentiels surtout au vu de l'élargissement. Tout d'abord, en réalisant l'union monétaire, nous découvrirons rapidement, et le discours précédant l'a déjà souligné, que l'on ne peut faire une union monétaire sans aussi renforcer l'encadrement au niveau social, fiscal, environnemental, qu'une union monétaire nous obligera à une plus grande convergence dans nos politiques en matièreéconomique, financière et sociale. Et nous devrons donc prévoir les possibilités de le faire d'une façon dynamique et entre autre, le mode décision et la possibilité de prendre- si pas en général, du moins pour de larges domaines - des décisions à la majorité qualifiée sera un élément essentiel. Un autre élément qui doit sortir de cette conférence intergouvernementale, c'est que nous puissions mener une politique extérieure plus visible, plus dynamique, plus cohérente. La faiblesse de l'Union telle qu'elle est perçue à l'étranger est l'une des causes de la désillusion des citoyens face à la construction européenne : nous devrons y remédier. Et nous devrons, également faire aller cela de pair avec une plus grande intégration de nos défenses. Je pense que quelque quarante ans après que nous n'ayons pas réussi – et ce fut un moment dramatique pour l'Europe - dans la communauté de défense, je pense que nous devons aujourd'hui essayer de faire à nouveau un pas important en avant. Et, troisièmement, nous devrons également renforcer la coopération en matière de lutte contre la criminalité, une meilleure collaboration entre nos services de police et une véritable communautarisation en matière d'asile, d'immigration, de franchissement des frontières extérieures. Les partenaires du Benelux partagent sur ce dernier point les mêmes ambitions, et je me réjouis que nous ayons déposé hier des propositions concrètes communes à la Conférence intergouvernementale. Mais, parallèlement au renforcement des politiques communes et où je crois que par rapport à nos citoyens c'est fort important de pouvoir, justement en matière de sécurité interne, en matière de visibilité dans la politique extérieure et en leur rendant une monnaie commune, nous rendrons cette Europe aussi plus visible, plus sensible pour nos citoyens. Mais il est clair que nous devons en même temps veiller à ce que les institutions sortent renforcées de cette conférence, non seulement parce que l'on ne peut fonctionner à 25, 30 demain de la même façon que l'on fonctionnait à 6, et que dès lors il faut adapter les institutions, faciliter la prise de décision en généralisant les décisions ’teur essentiel que nous devons pouvoir introduire lors de cette conférence intergouvernementale, c'est le facteur de flexibilité ou de différenciation. Ce sera, en effet, un mot clé, et il est de poids. Les pays qui sont partisans d'une intégration plus poussée peuvent craindre en effet que la politique commune ne s'écroule sous le poids des divergences internes entre 25 ou 30 états-membres. C'est pourquoi nous devons élaborer un mécanisme qui permet d'éviter que ceux qui veulent aller de l'avant ne soient entravés, ou doivent avancer, comme dit le Chancelier Kohl, au rythme du plus lent. Cependant, il va de soi que c'est une opération délicate qui demandera aussi pas mal de créativité : la flexibilité n'est qu'une solution de dernier recours, qui ne peut pas s'appliquer dans certains domaines, comme le budget communautaire ou l'union douanière. De plus, il convient de respecter les droits et intérêts de ceux qui ne font pas partie du peloton de tête qui, lui, doit toujours rester ouvert à tous. Un des moyens pour assurer cette garantie, c'est de laisser jouer à la Commission un rôle clé en matière de flexibilité. Nous sommes d'avis que la conférence intergouvernementale peut et doit envisager une telle différenciation inclusive, ce qui veut donc dire ouverte à tout, et certainement pas exclusive. Quoiqu'il en soit, il s'agit là d'un objectif qui doit être atteint avant que l'élargissement ne puisse être envisagé. Celà n'a d'ailleurs rien à voir avec une quelconque méfiance à l'égard des futurs membres, cette conviction s'inspire du fait que le processus décisionnel à 25 membres se heurtera inévitablement à des blocages et risque de déboucher dans soit une communauté bloquée, soit une communauté se diluant progressivement vers une zone de libre échange. Les trois états-membres du Benelux estiment qu'il s'agit là d'un élément-clé de la conférence mais ils entendent bien veiller à ce que la différenciation serve l'intégration et ne véhicule pas la désintégration. Le même souci se trouve à la base du document franco-allemand relatif à la coopération renforcée, document que je considère comme une contribution extrêmement utile et constructive, et sur lequel nous allons essayer avec le Benelux de poursuivre la réflexion en essayant de la traduire dans des textes de traités. Mais, par rapport à cette conférence intergouvernementale, aussi importante qu'elle soit, je pense que le défi de réaliser l'union monétaire est probablement encore plus important. Je suis persuadé, à ce jour, que l'union monétaire se fera effectivement, et ce conformément au calendrier prévu. De plus, je pense qu'il faut souligner que, dès aujourd'hui, les conditions sont réalisées d'une union monétaire de fait, qui se réalise de plus en plus et qui est un élément de plus pour dire que cette union se fera, et il y a surtout l'élément de volonté politique : je pense que tous les gouvernements en Europe qui ont mis là la réalisation de l'union monétaire centrale ne peuvent se permettre un échec qui serait aussi leur échec. Je suis dès lors persuadé que cette union monétaire se fera, je suis aussi persuadé et je partage de ce point de vue là l'analyse qui vient d'être faite ici par Monsieur André Lussi quant aux effets - y compris au niveau mondial dans le nouvel ordre monétaire - qu'aura cet euro, cette nouvelle monnaie européenne, qui non seulement rendra l'Europe plus visible et plus tangible pour le citoyen qui pourra partout ou trouvera partout la même unité de compte et aura dès lors aussi une perception plus claire de ce que signifie ce marché européen, je pense que l'union monétaire est aussi essentielle pour assurer l'autonomie et le poids de l'Europe dans l'économie mondiale globalisée qui se concrétise chaque jour davantage, que ce sera une contribution essentielle à un nouvel équilibre dans ce monde global et que, en plus, cette union européenne sera la garantie non seulement de l'irréversibilité de l'intégration européenne mais l'union monétaire en tant que telle est un tel facteur intégrateur que ce sera aussi l'assurance de la poursuite de la dynamique de l'intégration européenne. Et il est dès lors essentiel que lors du conseil européen de Dublin soit achevé le cadre juridique de l'union monétaire, en ce compris le pacte de stabilité et le système monétaire régissant les relations entre les 'ins' et les 'outs'. A l'horizon se profile alors l'élargissement. Je pense que l'on sousestime encore les dif-ficultés de cet élargissement, mais je dis clairement que cet élargissement se fera, qu'il doit se faire. Je pense que ceux quiimportante qu'elle soit, je pense que le défi de réaliser l'union monétaire est probablement encore plus important. Je suis persuadé, à ce jour, que l'union monétaire se fera effectivement, et ce conformément au calendrier prévu. De plus, je pense qu'il faut souligner que, dès aujourd'hui, les conditions sont réalisées d'une union monétaire de fait, qui se réalise de plus en plus et qui est un élément de plus pour dire que cette union se fera, et il y a surtout l'élément de volonté politique : je pense que tous les gouvernements en Europe qui ont mis là la réalisation de l'union monétaire centrale ne peuvent se permettre un échec qui serait aussi leur échec. Je suis dès lors persuadé que cette union monétaire se fera, je suis aussi persuadé et je partage de ce point de vue là l'analyse qui vient d'être faite i par Monsieur André Lussi quant aux effets - y compris au niveau mondial dans le nouvel ordre monétaire - qu'aura cet euro, cette nouvelle monnaie européenne, qui non seulement rendra l'Europe plus visible et plus tangible pour le citoyen qui pourra partout ou trouvera partout la même unité de compte et aura dès lors aussi une perception plus claire de ce que signifie ce marché européen, je pense que l'union monétaire est aussi essentielle pour assurer l'autonomie et le poids de l'Europe dans l'économie mondiale globalisée qui se concrétise chaque jour davantage, que ce sera une contribution essentielle à un nouvel équilibre dans ce monde global et que, en plus, cette union européenne sera la garantie non seulement de l'irréversibilité de l'intégration européenne mais l'union monétaire en tant que telle est un tel facteur intégrateur que ce sera aussi l'assurance de la poursuite de la dynamique de l'intégration européenne. Et il est dès lors essentiel que lors du conseil européen de Dublin soit achevé le cadre juridique de l'union monétaire, en ce compris le pacte de stabilité et le système monétaire régissant les relations entre les 'ins' et les 'outs'. A l'horizon se profile alors l'élargissement. Je pense que l'on sousestime encore les dif-ficultés de cet élargissement, mais je dis clairement que cet élargissement se fera, qu'il doit se faire. Je pense que ceux quiimportante qu'elle soit, je pense que le défi de réaliser l'union monétaire est probablement encore plus important. Je suis persuadé, à ce jour, que l'union monétaire se fera effectivement, et ce conformément au calendrier prévu. De plus, je pense qu'il faut souligner que, dès aujourd'hui, les conditions sont réalisées d'une union monétaire de fait, qui se réalise de plus en plus et qui est un élément de plus pour dire que cette union se fera, et il y a surtout l'élément de volonté politique : je pense que tous les gouvernements en Europe qui ont mis là la réalisation de l'union monétaire centrale ne peuvent se permettre un échec qui serait aussi leur échec. Je suis dès lors persuadé que cette union monétaire se fera, je suis aussi persuadé et je partage de ce point de vue là l'analyse qui vient d'être faite ici par Monsieur André Lussi quant aux effets - y compris au niveau mondial dans le nouvel ordre monétaire - qu'aura cet euro, cette nouvelle monnaie européenne, qui non seulement rendra l'Europe plus visible et plus tangible pour le citoyen qui pourra partout ou trouvera partout la même unité de compte et aura dès lors aussi une perception plus claire de ce que signifie ce marché européen, je pense que l'union monétaire est aussi essentielle pour assurer l'autonomie et le poids de l'Europe dans l'économie mondiale globalisée qui se concrétise chaque jour davantage, que ce sera une contribution essentielle à un nouvel équilibre dans ce monde global et que, en plus, cette union européenne sera la garantie non seulement de l'irréversibilité de l'intégration européenne mais l'union monétaire en tant que telle est un tel facteur intégrateur que ce sera aussi l'assurance de la poursuite de la dynamique de l'intégration européenne. Et il est dès lors essentiel que lors du conseil européen de Dublin soit achevé le cadre juridique de l'union monétaire, en ce compris le pacte de stabilité et le système monétaire régissant les relations entre les 'ins' et les 'outs'. A l'horizon se profile alors l'élargissement. Je pense que l'on sousestime encore les dif-ficultés de cet élargissement, mais je dis clairement que cet élargissement se fera, qu'il doit se faire. Je pense que ceux qui croient que l'Europe gagnerait à s'enfermer dans son nombre actuel se trompent. Au-delà des motivations morales, culturelles et historiques, c'est aussi une question de survie. Refuser l'adhésion aux anciens pays du pacte de Varsovie serait contraire à nos propres intérêts, serait contraire aux ambitions qu'ont ces pays et qu'ils ont à raison. Et je crois que la plupart de ces pays ont connu une histoire mouvementée, leurs traditions démocratiques sont encore très fragiles, ils sont confrontées au phénomène des minorités ethniques, leurs économies sont en pleine mutation et, sous leurs anciens régimes communistes, des contraintes et les charges se sont accumulées. La tentation pourrait être grande de rétablir l'ordre par le bais d'un nationalisme autoritaire et agressif. Je pense que la perspective qui leur est offerte de s'intégrer dans les structures de l'Europe occidentale qui ont assuré à l'Europe occidentale la stabilité et le bien-être, est justement une perspective qui leur permet d'échapper à cette tentation. Mais si nous ne parvenons pas à répondre à leurs attentes, les vieux démons pourraient bien refaire surface et les risques de confrontation seraient bien réels. L'Europe occidentale n'en sortirait pas indemne. C'est pourquoi nous ne pouvons dénier aux pays de l'Europe centrale et de l'Europe orientale de participer à l'intégration européenne afin de leur assurer la paix et la stabilité qu'elle nous a procurées. En outre, l'Union aura elle-même la possibilité de s'enrichir culturellement et de renforcer de plus l'épanouissement des économies des pays de l'Est qui contribuera également à la croissance de nos propres économies. Mais il ne faut pas ignorer les problèmes que cet élargissement posera. Je pense que l'on aurait tort de le faire d'une façon précipitée : une préparation adéquate s'impose. Et cette préparation nécessite des adaptations aussi bien au sein de l'Union qu'au sein des pays candidats. Pour l'Union, si elle veut intégrer une douzaine de nouveaux membres, elle doit adapter ses structures, et elle doit surtout préserver son efficacité et la dynamique d'intégration. Je pense que dans la première partie de mon discours j'ai clairement indiqué l'importance de la conférence intergouvernementale et de l'union monétaire dans cet aspect ; je pense qu'il faut, par rapport à l'élargissement, croient que l'Europe gagnerait à s'enfermer dans son nombre actuel se trompent. Au-delà des motivations morales, culturelles et historiques, c'est aussi une question de survie. Refuser l'adhésion aux anciens pays du pacte de Varsovie serait contraire à nos propres intérêts, serait contraire aux ambitions qu'ont ces pays et qu'ils ont à raison. Et je crois que la plupart de ces pays ont connu une histoire mouvementée, leurs traditions démocratiques sont encore très fragiles, ils sont confrontées au phénomène des minorités ethniques, leurs économies sont en pleine mutation et, sous leurs anciens régimes communistes, des contraintes et les charges se sont accumulées. La tentation pourrait être grande de rétablir l'ordre par le bais d'un nationalisme autoritaire et agressif. Je pense que la perspective qui leur est offerte de s'intégrer dans les structures de l'Europe occidentale qui ont assuré à l'Europe occidentale la stabilité et le bien-être, est justement une perspective qui leur permet d'échapper à cette tentation. Mais si nous ne parvenons pas à répondre à leurs attentes, les vieux démons pourraient bien refaire surface et les risques de confrontation seraient bien réels. L'Europe occidentale n'en sortirait pas indemne. C'est pourquoi nous ne pouvons dénier aux pays de l'Europe centrale et de l'Europe orientale de participer à l'intégration européenne afin de leur assurer la paix et la stabilité qu'elle nous a procurées. En outre, l'Union aura elle-même la possibilité de s'enrichir culturellement et de renforcer de plus l'épanouissement des économies des pays de l'Est qui contribuera également à la croissance de nos propres économies. Mais il ne faut pas ignorer les problèmes que cet élargissement posera. Je pense que l'on aurait tort de le faire d'une façon précipitée : une préparation adéquate s'impose. Et cette préparation nécessite des adaptations aussi bien au sein de l'Union qu'au sein des pays candidats. Pour l'Union, si elle veut intégrer une douzaine de nouveaux membres, elle doit adapter ses structures, et elle doit surtout préserver son efficacité et la dynamique d'intégration. Je pense que dans la première partie de mon discours j'ai clairement indiqué l'importance de la conférence intergouvernementale et de l'union monétaire dans cet aspect ; je pense qu'il faut, par rapport à l'élargissement, surtout veiller à maintenir l'efficacité des structures. Par rapport aux pays candidats, je pense qu'ils n'ont aucun intérêt à avoir une adhésion précipitée ; je pense qu'il faudra des périodes de transition - comme cela a d'ailleurs été avec les élargissements en fait plus faciles que nous avons réalisés dans les années passées - et je pense que nous devrons travailler à définir ces étapes afin que justement cette intégration finisse par devenir effectivement un renforcement de l'Europe et du rôle que l'Europe peut jouer dans le monde. Monsieur le Président, Excellences, Mesdames, Messieurs, l'Europe d'aujourd'hui dispose d'atouts considérables pour assurer un passage heureux vers le 21ème siècle. Le traité de Maastricht, au moment crucial de la fin de la guerre froide, a engrangé une dynamique d'approfondissement et d'intégration que nous devons exploiter pleinement au cours des prochains mois et années. Le citoyen se sentira européen et aussi associé à la concrétisation de l'Europe dans la mesure où il recevra, outre lesréponses locales et nationales, des réponses européennes à ses préoccupations quotidiennes. Ces réponses doivent être à la fois claire et concrètes ; elles doivent aussi intégrer dans une société toujours davantage globalisée la prospérité économique, la promotion sociale, la libre circulation la sécurité interne et externe ainsi que la prise de conscience de la signification culturelle, économique et politique de l'Europe. Les citoyens européens partagent incontestablement cette vision. A nous de ne pas les décevoir dans leurs attentes et la confiance qu'ils témoignent aux architectes de la grande maison Europe. C'est pourquoi nous devons plaider en faveur de davantage d'Europe, d'une Europe plus forte à même de fonctionner tout aussi efficacement dans un espace géographique plus vaste. Ainsi, l'approfondissement et l'élargissement donneront un nouvel élan à l'Europe et conforteront chacun de nous dans la conviction que l'aventure européenne reste passionnante et enrichissante. Je pense qu'il faut souligner qui si le génie des créateurs de l'Europe a été de surpasser nos nationalismes autodestructeurs dans la première moitié de ce siècle, le défi c'est non seulement de consolider cette unité afin d'éviter la confrontation interne, je pense que s'ajoute à cela le défi de demain de positionner cette Europe intégrée dans le monde de plus en plus global de demain. J'ai la conviction que l'équilibre dans ce monde de demain sera un équilibre entre grandes régions mondiales bien organisées. Le choix pour l'Europe, c'est soit de se faire submerger par d'autres régions asiatiques, américaines mieux organisées, plus concurrentielles qu'elle, ou bien de s'or-ganiser afin d'assurer sa position, et cette position ne sera valable que si c'est une posi-tion européenne dans les domaines-clés afin de pouvoir négocier, d'égal à égal, avec les autres régions mondiales. C'est là le défi supplémentaire qui se pose à nous, où nous pouvons continuer à construire sur cette intégration européenne que nous ont léguée les pères de l'Europe : notre défi, c'est dans les quatre ou cinq années suivantes de construire cette Europe afin qu'elle puisse jouer son rôle dans ce monde globalisé du 21ème siècle. C'est un défi formidable auquel je pense que cela vaut la peine de s'y engager, et de s'y engager tous, car ce n'est pas seulement quelques-uns qui pourront le réaliser, ils ne le réaliseront que s'ils ont le soutien de la population. Je vous remercie. ![]() |