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Vision for Europe Award 1998

Welcome Speech

By André Lussi, Chairman of the Edmond Israel Foundation, on 19 October 1998

Monsieur le Président, Messieurs les Premiers Ministres, Excellencies, Distinguished Guests, Dear Colleagues, Ladies and Gentlemen. Welcome. I am delighted to welcome you. It is such a joyful evening, in contrast to so many miserable occasions which we all have to endure!

And in this context, we are very lucky that we have such great, distinguished and delightful guests of honour. We all welcome the President of the European Commission, Jacques Santer, the Prime Minister of France, Lionel Jospin, the Prime Minister of Luxembourg, Jean-Claude Juncker, the Chairman of the Board of Directors of Cedel International, Robert Douglass, and the Honorary Chairman of Cedel International, my dear friend, Edmond Israel.

Early this afternoon a lady here said to me: 'Monsieur is it true, is it really true, that you are Swiss?' I replied: 'Well, Madame, yes it is true but please forgive me it is not my fault. Well as a Swiss I could speak to you in Schweizerdeutsch or in Italian or in German. But you will be relieved to know that in honour of our distinguished guests, I shall now speak to you in French'.

Nous sommes particulièrement fiers d'attribuer ce soir le prix 'Vision pour l'Europe' à notre Premier Ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, qui a tant fait pour placer le Luxembourg au centre du processus d'intégration de l'Europe. L'intégration, en effet, est l'élément clé de l'instauration d'une paix et d'une prospérité durables en Europe.

La taille, heureusement, n'est pas le facteur décisif qui détermine l'importance d'un Etat, pas plus que celle d'une personne, d'ailleurs. Quelle que soit sa taille, tout pays doit nécessairement créer de nouveaux emplois, de nouveaux postes de travail, de nouvelles possibilités de travail.

Deux éléments sont pour celà essentiels. Premièrement, l'éducation. Et deuxièmement, à travers l'éducation, la connaissance. Nous avons besoin de l'intégration pour créer de l'emploi, et pour l'emploi, nous avons besoin de l'éducation et de la connaissance. Je suis fier de pouvoir dire que notre société, Cedel International, est un grand intégrateur, un intégrateur de tout premier plan dans le domaine des affaires boursières au niveau européen et même au niveau planétaire.

Après avoir connu l'atrocité de deux guerres mondiales, les nations de l'Europe ont compris que pour réaliser un mondemeilleur et éviter que de telles tragédies se reproduisent à l'avenir une Union européenne était indispensable. Plus de 70 millions de personnes sont mortes avant que nous nous rendions compte que nous avons besoin de cette union, pour maintenir la paix, pour accroître la richesse économique et pour créer pour nous tous un avenir prometteur.

En 1997, nous avons remis le prix 'Vision pour l'Europe' à Monsieur Helmut Kohl. Quel que soit son destin politique dans la démocratie que représente aujourd'hui l'Allemagne unie, nous le saluons comme un très grand Européen. L'année dernière, il nous a dit: 'L'Europe unie est désormais le bastion d'une paix durable'. En général, il a raison. Mais le Kosovo nous a montré que nous devons rester constamment sur nos gardes et que sans cesse nous devons oeuvrer pour la paix et lutter contre le racisme sous toutes ses formes.

Si les gens ont un emploi, s'ils travaillent, il y a toutes les chances qu'ils soient satisfaits. Le chômage est un fléau, au niveau individuel comme au niveau national et international.

En tant que banquier, je sais que l'emploi doit être fondé sur des institutions financières saines. Nous devons consolider notre industrie. Et nous devons le faire plus spécialement face à la crise qui frappe l'Asie et la Russie et devant la crainte d'une nouvelle récession à l'échelle mondiale.

Nous avons besoin d'une régulation, non pas, comme l'a dit un jour le philosophe britannique Herbert Spencer, pour protéger les hommes des effets de la folie, ce qui ne servirait qu'à peupler le monde de sots. Nous avons besoin d'une coopération internationale, ainsi que de transparence, une diffusion plus complète de l'information financière, aux investisseurs comme aux régulateurs. Nous en avons besoin pour garantir un meilleur fonctionnement des marchés et permettre ainsi aux régulateurs d'assurer une supervision efficace de nos institutions financières. Les performances et les résultats à court terme ont, bien sûr, leur importance. Mais c'est aussi le cas de la réflexion et du comportement à long terme.

Nous devons rechercher entre les deux un équilibre équitable, raisonnable, et qui puisse surtout être durable.

Nous devons donc mettre tout en oeuvre pour faire en sorte que le monde des affaires fournisse des bases saines et appropriées pour la création et le maintien de l'emploi. Ce qui n'est pas tâche facile, alors que plus de dix-huit millions d'Européens sont précisément, sans emploi. Pour créer de nouveaux emplois, nous avons besoin de l'éducation et de la formation, qui ouvrent la voie à la connaissance. Et ceci dans un cadre qui encourage et récompense l'esprit d'entreprise et permette aux personnes d'exercer un plus grand contrôle sur leur propre vie.

L'Europe, bien sûr, n'est pas en mesure de concurrencer les pays en développement dans les secteurs de basse technologie à forte intensité de main d'oeuvre. Nous devons concentrer nos efforts sur des produits et des services à forte intensité de connaissance.

Nous devons encourager et mettre en place un système d'éducation et de formation continue de première classe.

Nos populations doivent acquérir de nouveaux savoir-faire. Il ne faut jamais que nous soyons dépassés.

Nous disposons heureusement en Europe d'un réservoir de matière grise, ce que les économistes appellent le capital intellectuel. La plupart des sociétés consacrent quelque 50% de leurs investissements au développement des connaissances, des compétences, des relations avec les clients et des technologies de l'information. Il s'agit d'avoirs qui ont des pieds, d'avoirs qui ont des cerveaux, d'avoirs qui ne peuvent être quantifiés sur un bilan d'inventaire.

Pour en augmenter la valeur réelle, nous devons donc offrir des possibilités de carrière et d'accès à la formation continue à nos employés. Nous devons donner à ceux-ci la possibilité de se voir ristourner une part de la valeur qu'ils ont contribué à créer, par un système de rémunération qui prenne en compte le rendement et un système de participation aux bénéfices. Nous devons passer du temps avec nos employés, la moitié de notre temps, selon nous, devrait être con-sacré à des questions liées aux personnes.

Nous devons aussi reconnaître la diversité de nos employés et celle de leur famille. Nous devons reconnaître et respecter la valeur de tous nos employés, à titre individuel, et la valeur de leur capacité à contribuer à la réussite de leur entreprise. Et à leur tour, c'est à eux de partager leurs connaissances et leur expérience, de permettre la transmission et l'échange de leurs informations et de leur savoir-faire.

La technologie est pour ce faire d'une importance essentielle. Mais il est aussi beaucoup plus facile aujourd'hui de provoquer le chaos et de causer des dégâts si l'on commet des fautes technologiques qu'il ne l'était lorsque tout était enregistré à la main.

Nous devons donc entretenir soigneusement et développer la connaissance par le biais de l'éducation. Ce faisant, nous créons le climat propice qui permettra aux entrepreneurs de prospérer et de créer de l'emploi. Un niveau insuffisant d'éducation et de connaissance signifie moins d'emploi. Moins d'éducation et de connaissance signifie qu'il y aura moins d'entrepreneurs. Moins d'entrepreneurs signifie qu'il y aura moins d'emploi.

Imaginez le potentiel intellectuel que nous pourrions capter si nous pouvions fournir du travail à tous les sans-emploi en Europe. J'estime que c'est à nous qu'il incombe de le faire, en grande partie à travers le secteur privé. Mais si nous souhaitons maintenir l'équilibre avec l'intervention de l'Etat, nous devons pour notre part contribuer à réguler le marché de l'emploi, commanditer de solides programmes de formation et d'éducation et accorder l'accès au capital à risque.

Nous saluons avec fierté la manière avec laquelle le gouvernement luxembourgeois a répondu à ces défis. Il a mis au point un plan audacieux pour réduire le chômage et encourager la croissance des petites et moyennes entreprises. Pour permettre la réinsertion des jeunes et des chômeurs de longue durée, il encourage les entrepreneurs. Il s'efforce d'augmenter la flexibilité des heures de travail, et d'améliorer l'égalité des chances devant l'emploi.

Notre gouvernement a joué sans réserve la carte de l'éducation et de la formation. Il espère que bientôt tous les élèves du secondaire auront un ordinateur sur leur bureau.

Il prévoit pour l'année prochaine 350 contrats d'apprentissage de plus qu'il n'y en avait l'année dernière. Il encourage la création de nouvelles entreprises. Il est parvenu à réaliser un bon équilibre entre l'intervention gouvernementale et l'initiative privée.

Sous la conduite de notre distingué Premier Ministre, le Luxembourg a joué un rôle remarquable dans l'intégration européenne. Jean-Claude Juncker tient fermement le cap à sa barre. Nous saluons tout ce qu'il a accompli pour son pays et pour l'Europe. C'est un homme capable de résoudre les problèmes et, de jouer les intermédiaires, une source de conseils et, un chef parmi les plus honorables. Nous constatons également avec fierté que Jacques Santer, premier récipiendaire du prix en 1995, et Gaston Thorn, et Pierre Werner sont tous Luxembourgeois. Tous ont contribué à donner sa forme à l'Union européenne.

En ce qui concerne notre société, Cedel International, nous sommes conscients que nous avons besoin de l'intégration, de la connaissance, de l'éducation, de la formation et de la vision des entrepreneurs.

Notre objectif est de fournir de meilleurs services à un coût moindre que nos concurrents, et nous savons que le savoir de nos employés est le facteur le plus important dans notre monde des affaires. C'est ainsi que nous avons mis en oeuvre de nombreuses initiatives.

Nous encourageons nos employés à partager leurs connaissances, et pour les y aider, nous avons mis en place un cadre de gestion des connaissances ainsi qu'une ‘Bourse des connaissances’, accessible à tous nos employés.

Nous coopérons avec des sociétés de pointe dans le domaine des technologies de l'information et nous faisons en sorte qu'elles partagent leurs connaissances avec nos employés. Nous investissons dans les capacités de direction et les capacités professionnelles que nous trouvons dans nos rangs. Nous avons également créé un Centre de formation et de développement et nous recrutons chaque année des dizaines de nouveaux stagiaires.

Depuis 1990, nous avons créé plus de 500 emplois nouveaux. Nous constituons une force de travail multilingue, multiculturelle regroupant 32 nationalités s'exprimant au total dans 25 langues, pour la plupart, très bien!

Et c'est ainsi, Mesdames, Messieurs, que je vous souhaite à nouveau la bienvenue en cette grande occasion. En honorant le Premier Ministre du Luxembourg, nous rendons hommage à l'intégration de l'Europe dans la cause de la paix et du progrès. En saluant l'intégration de l'Europe, nous voulons promouvoir les causes qui y sont inséparablement liées, à savoir l'augmentation de l'emploi, l'accroissement et la recherche des connaissances, l'éducation, l'instauration d'une paix véritable, la prospérité et le progrès.

 
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